Bukavu sécurité / Les activistes et Défenseurs des droits Humains Sous menace : Mme Thérèse Mema Mapenzi ciblée par une visite armée, après avoir dénoncé les violences faites aux femmes
Bukavu, 15 février 2025 — Mme Thérèse Mema Mapenzi, coordinatrice du Centre Olame et figure emblématique de la défense des droits des femmes en République démocratique du Congo, a été victime d’une visite armée à son domicile. Cet acte d’intimidation survient dans un contexte de chaos sécuritaire à Bukavu, et quelques jours seulement après qu’elle ait organisé une conférence de presse dénonçant les violences faites aux femmes dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.
Une conférence de presse qui dérange
Le 13 février 2025, Mme Mema Mapenzi avait pris la parole en tant qu’organisatrice d’une conférence de presse aux côtés de la composante femme de la société civile. Elle y avait dénoncé avec force les cas de viols, d’assassinats et d’intimidations subis par les femmes à Kavumu, Kalehe et Katana, ( par les belligérants de l'armée loyaliste et ceux de l'AFC M23 ) appelant les autorités à agir et les communautés à se mobiliser.
Une menace directe et coordonnée
Le 15 février, des hommes lourdement armés ont encerclé sa résidence, tirant en l’air et menaçant d’entrer chez elle. Le même jour, entre 12h00 et 13h30, ils ont tiré dans tout le sens et proférant des menaces. La ville de Bukavu semblait alors sans autorité visible, livrée à des groupes armés, des prisonniers évadés et des délinquants qui décidaient librement où piller et qui terroriser.
Une militante ciblée pour son engagement
Mme Mema Mapenzi, surnommée « Da Michou » ou « Da Théthé », est une voix incontournable dans la lutte pour les droits des femmes et la dignité humaine. À travers le Centre Olame, elle accompagne les survivantes de violences sexuelles, les déplacées internes et les jeunes filles marginalisées. Son engagement dérange les forces du statu quo.
Mobilisation citoyenne
En revanche, plusieurs organisations de la société civile, des mouvements citoyens et des activistes ont exprimé leur solidarité avec Mme Mema Mapenzi, exigeant une enquête indépendante et des mesures de protection immédiates.
Un appel à la vigilance et à l’action
Cet incident rappelle la vulnérabilité des femmes engagées dans la lutte pour la justice et la paix en RDC. Il interpelle la conscience nationale et internationale sur la nécessité de protéger celles et ceux qui élèvent la voix contre l’impunité.
« Si nos mères, nos sœurs et nos filles sont menacées pour avoir dit la vérité, alors c’est toute la nation qui est en danger », déclare un jeune militant du mouvement Jeunesse Citoyenne pour la Patrie (JCP) que nous avons contacté et qui a requis l'anonymat pour des raisons sécuritaires.



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